
Le programme d’entrainement « Haute Performance »
Depuis de début de l’année 2025, un nouveau programme d’entrainement est mis en place pour les athlètes du programme « Haute Performance ». Nous vous présentons dans cet article la philosophie de la méthode élaborée par Antonio Maurogiovanni, Directeur des Équipe de France et mise en œuvre par les entraineur du Centre National d’Entrainement et des Pôles France-Espoir Avenir.
Préambule
Depuis le 10 février 2025, notre nouvelle méthode d’entrainement est effective pour les athlètes du Centre National d’Entrainement et de nos quatre Pôles France/Espoir Avenir.
Le programme d’entrainement est désormais disponible uniquement pour les entraineurs et les athlètes identifiés dans le dispositif « Haute Performance » de la fédération.
Basé sur un volume d’entrainement conséquent et établi pour des rameurs et des rameuses expérimentés qui s’inscrivent dans la préparation des échéances internationales, ce programme doit être réalisé dans sont intégralité. En extraire une ou plusieurs séances pour l’adapter à des athlètes qui n’auraient pas les capacités requises ou la disponibilité pour réaliser la totalité du programme ne serait pas cohérent avec une démarche de planification construite et réfléchie.
Cependant, il nous paraît intéressant de vous présenter en quelques lignes la philosophie de la méthode proposée par Antonio Maurogiovanni.

« Rendez l’entrainement suffisamment
difficile pour que la course semble facile ! »
Les grands principes décrits par le Directeur des Équipes de France
La méthodologie proposée par Antonio Maurogiovanni repose sur 5 grands principes :
1 – Cohérence et régularité
La périodisation est composée de macrocycles d’entraînement de 5 à 12 semaines. Ces macrocycles sont constitués de longues périodes ininterrompues dont le volume et l’intensité sont adaptés à l’âge, aux capacités et aux compétences des athlètes concernés.
La performance de haut niveau nécessite de réaliser entre 92% et 95% de l’entrainement programmé. Il est important d’être en mesure de maintenir cette régularité jusqu’à l’approche des compétitions terminales.
2 – Objectiver l’entrainement
L’entrainement est planifié dans le but de fixer en amont un objectif pour chaque séance et de répondre à une série de questions :
- comment se compose la séance ?
- comment la réaliser ?
- quel est l’objectif physiologique principal ?
- quel est l’objectif technique principal ?
- y-a-t-il des objectifs plus précis ?
- comment vais-je évaluer la séance ?
3 – L’intention dans la réalisation
Toujours s’assurer que les athlètes s’entraînent avec une intention. Le rôle de l’entraineur est d’aider les sportives et les sportifs à se concentrer sur la manière dont l’entrainement doit être réalisé.
Les athlètes doivent s’entrainer avec l’intention, la volonté d’appliquer les consignes et d’atteindre l’objectif. Ils doivent avoir en tête l’objectif visé par la séance : la vitesse au 500m (en % du temps pronostic) ou la puissance (en watt), en rapport avec la cadence imposée et ce durant toute la séquence.
4 – La cible
- la séance d’entraînement de base a pour vitesse cible 80-82% du temps pronostic de la catégorie concernée, en respectant une cadence maximum de 20 coups d’aviron par minute,
- a séance d’entraînement au seuil a pour vitesse cible 90% du temps pronostic de la catégorie concernée, en respectant une cadence de 28-30 coups d’aviron par minute,
- deux à trois séances par semaine doivent être réalisées en bord à bord afin de favoriser l’atteinte des objectifs de vitesse ciblés.
5 – Mesure de la performance et classement
- chaque semaine, une séance est chronométrée, dans les conditions les plus fiables possibles (ex : un entraineur au départ, un autre à l’arrivée).
- chaque semaine, une séance sur ergomètre est monitorée : relever la vitesse moyenne, la puissance moyenne, la cadence moyenne et le temps total pour parcourir la distance programmée.
Ces séances donnent lieu à un classement hebdomadaire qui évoluera au fil de la saison et permettra aux entraineurs de mesurer les progrès des athlètes à moyen et long terme. Ce classement est important mais « pas de panique », il ne s’agit pas d’une sélection !
Enfin, il est important d’organiser une saine concurrence au sein du groupe d’entrainement et d’évoluer avec un état d’esprit d’équipe.

« Au départ d’une course, la confiance provient, en partie, de la quantité et de l’intensité des efforts fournis lors de l’entraînement. »
LE PROGRAMME
Les exigences d’une course d’aviron restent les mêmes, les sollicitations visent donc les mêmes améliorations au niveau du coeur, des muscles et du système nerveux.
Le volume d’entrainement hebdomadaire est divisé en 3 types de charge : légère, moyenne et élevée, retranscrites sous forme de semaines à 50% (couleur verte), à 75% (orange) et 100% (rouge). Le volume de la semaine à 50% ne représente pas la moitié de celle à 100% mais donne la notion de « faible » charge.
Le Directeur des Équipe de France insiste auprès des athlètes pour qu’ils fassent confiance à leur corps, qu’ils croient en leur capacité à s’entrainer beaucoup, à s’entrainer dur. Il souhaite provoquer l’adaptation de l’organisme des rameuses et des rameurs par un volume important et des intensités et cadences spécifiques.
Ce constat est issu de l’évolution observée des performances de haut niveau et des méthodes d’entrainement utilisées par les meilleurs nations mondiales.
Dans ce but, les temps pronostics servant de cibles pour paramétrer l’intensité des séances ont été actualisés. Ces nouveaux objectifs chronométriques sont ambitieux et doivent être considérés comme les références ultimes pour devenir Champion Olympique en 2028 à Los Angeles.
Les séances en bateau sont pour la plupart découpées en séquences de 2000m dans le but de mieux calibrer le travail des athlètes et de favoriser le chronométrage et la prise de repères. Certaines séquences se déroulent sur la distance de 1500m et/ou incluent un travail de départ afin de progresser sur les points qui seront déterminants dans les courses des prochains Jeux Olympiques.
La majorité des séances peut et doit être réalisée en bord à bord, en bateaux courts mais aussi en bateaux longs, toute la saison, en fonction des objectifs préparés.
Les consignes techniques sont simples : améliorer l’amplitude, maintenir la pression dans la palette tout au long de la propulsion et respecter les cadences préconisées.
La semaine type du programme contient une séance d’ergomètre divisée en 2 longues séquences, à réaliser à cadence 20 avec un objectif de vitesse.
Les séances de musculation des 1er et 2e macrocycles ciblent le renforcement musculaire par des sollicitations sous-maximales visant le développement de la force et l’hypertrophie. Incluant du renforcement postural, elles sont amenées à évoluer au fil de la saison, en fonction de la périodisation.
Le BikeErg de Concept2 (ou un autre vélo de salle) est utilisé pour augmenter le volume d’entrainement en dehors du bateau. Les séances sont calibrées en pourcentages de la FTP (Functional Threshold Power ou puissance fonctionnelle au seuil) déterminée lors d’un test de 30 minutes à intensité maximale, réalisé sur le même type de machine que celle utilisée pour l’entrainement.
Le programme d’entrainement à destination des meilleurs U19 repose sur les mêmes principes et articulations. Les Équipes de France Para-Aviron et Beach Rowing Sprint conservent des programmes spécifiques, établis par l’encadrement national, en concertation avec le Directeur des Équipes de France.
Source : Mission d’Aide à la Performance par Gilles BOSQUET | 08/04/2025
