
Championnats du Monde senior – Shanghai 2025
La Chine et Shanghai accueillaient les Championnats du Monde du 21 au 28 septembre.
Championnat du Monde
Shanghaï (CHN) | 21 – 28 septembre 2025
Le premier championnat du monde menant vers les JO de Los Angeles 2028 s’est tenu à Shanghai. Comme à chaque début d’olympiade[1], l’arrivée de nouvelles générations de rameurs et l’évolution des stratégies des grandes nations ont redéfini les repères, modifiant la hiérarchie parmi les 56 pays représentés par 689 athlètes répartis dans 238 embarcations.
Le renouvellement ne rime pas toujours avec jeunesse : seuls 12 athlètes U23 ont atteint les finales olympiques, et 5 les finales paralympiques. Parmi eux, H. Péron, plus jeune médaillée du championnat[3] (20 ans et 17 jours), associée à E. Cornelis offre à la France un podium en W2- attendu depuis 30 ans[4]. En 1995, C. Cuisant-Garcia avait remporté la médaille de bronze à 19 ans 7 mois et 20 jours, au côté de C. Gossé.
Au sein d’installations remarquables, les courses ont bénéficié de bonnes conditions météorologiques. Malgré un ajustement des couloirs lors des finales du jeudi[2], le vent a permis à F. Murtagh (IRL) d’atteindre 98,55 % du temps pronostic en W1x, et au PR3 Mix2x allemand de battre le World Best Time.

Classements au nombre de médailles dans les disciplines olympiques et à l’indice PO
Dans la continuité de leur performance aux JO de Paris, les Pays-Bas réalisent un championnat remarquable avec 4 titres mondiaux, dont une première historique en W8+. Ils sont la seule nation à décrocher plusieurs médailles d’or.
La Grande-Bretagne (6 podiums) et la Roumanie (5 podiums) confirment leur régularité, même si leur présence sur la plus haute marche du podium s’est réduite. Leurs collectifs (largement renouvelé pour les Britanniques), semblent toutefois capables de convertir plusieurs médailles d’argent en or à l’avenir. Avec une moyenne d’âge de 26,9 et 25,2 ans, leurs effectifs sont légèrement plus jeunes que celui des Pays-Bas (28,1 ans). L’Allemagne, pourtant emmenée par O. Zeidler, repart sans médaille d’or, tout comme la Croatie des frères Sinkovic (désormais en M4-) et la Chine (pays organisateur).
Enfin, l’Australie quitte le championnat sans la moindre médaille.

La stat de la MAP
89% des nations qui remportent un titre mondial n’en remportent qu’un seul contre en moyenne 70% entre 2017 et 2024.

Forts de leur total de médailles, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la Roumanie dominent le classement PO. Seulement deux points séparent ces trois nations.
La France retrouve le podium grâce à la 2ᵉ place en W2- (2022, or en M2x) et se classe 11ᵉ dans les deux classements.
Dans les épreuves paralympiques, la Grande-Bretagne est la seule nation à décrocher deux titres. L’Ukraine s’impose au classement PO, tandis que La France, sans médaille, termine à la 5ᵉ place.

Catégories non-olympiques et nouvelles disciplines
Depuis cette année, World Rowing a retiré du programme des Championnats du monde plusieurs disciplines non-olympiques : LM2-, LW2-, LM4x et LW4x, ainsi que les épreuves PARA non inscrites aux Jeux paralympiques, à savoir 1x PR3 et 2- PR3. Seuls les skiffs et deux de couple poids légers ont été maintenus, représentant un total de 50 athlètes.
Le LM1x et le LW1x continuent d’attirer les participants avec 16 engagés dans chaque catégorie, tandis que le LW2x et le LM2x ont déjà perdu en attractivité, ne comptant respectivement que 5 et 4 équipages.
En LW1x, M. Sechser, vice-championne du monde du LW2x en 2022 et 2023, remporte le titre mondial pour les États-Unis. Chez les hommes, l’Uruguayen F. Kluver Ferreira, finaliste olympique en LM2x à Tokyo (2021) et champion du monde U23 (2022), devient champion du monde en LM1x. Sans réelle concurrence, la Chine s’impose dans les deux épreuves du LM2x et du LW2x.
Deux nouvelles disciplines ont été introduites lors de ces championnats : le double mixte et le huit mixte. Les courses se sont déroulées le dernier jour des finales, avec des séries qualificatives le matin et les finales l’après-midi, selon le système de progression habituel (sans repêchages). Le Mix2x a réuni 11 équipages et le Mix8+ en a rassemblé 10, avec pour la première fois un 8+ de Hong-Kong. Tous les athlètes engagés dans ces épreuves devaient également participer à ce championnat dans une autre discipline. Quatre rameuses néerlandaises ont ainsi disputé trois finales mondiales en trois jours : W4- (vendredi : 4ᵉ), W8+ (samedi : 1ʳᵉ) et Mix8+ (dimanche : 3ᵉ). Cette formule pourrait à terme séduire le Comité international olympique, car elle permet de multiplier les épreuves sans augmenter le nombre d’athlètes[5].
En Mix2x, l’Irlande s’impose avec deux anciens poids légers : M. Cremen (7ᵉ W2x) et F. McCarthy (3ᵉ M2x). La Roumanie remporte le Mix8+ en associant le W2- champion du monde, le M2- vice-champion du monde, deux rameurs du M4- vice-champion du monde, une rameuse du W8+ vice-champion du monde et une rameuse du W4x classée 4ᵉ mondiale.
[1] L’olympiade entre Tokyo 2020 (en 2021) et Paris 2024 n’a compté que 3 saisons et fait exception lorsque l’on parle de saison de « renouvellement ».
[2] Les vainqueurs des demi-finales ont été placés aux couloirs 6 et 5, et ainsi de suite.
[3] L’Australien S. Stunell, né en 2006 et médaillé de bronze en PR3 Mix2x, est le plus jeune médaillé de ce championnat, toutes disciplines confondues.
[4] En 1995, C. Gossé et C. Garcia avaient remporté la médaille de bronze aux championnats du Monde de Tampere en Finlande. En 1996, le W2- avait terminé 3e des JO d’Atlanta (C. Gossé et H. Cortin).
[5] Le programme des JO de Los Angeles devrait proposer 2 jours de courses préliminaires (série et demi-finales) puis 6 jours de finales avec donc seulement 2 disciplines par jours. Cela devrait favoriser la participation des athlètes à plusieurs épreuves.
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Source : Mission d’Aide à la Performance par Gilles BOSQUET | 06/10/2025

















